Les femmes chefs d’entreprises auront désormais leurs propres guichets à la Banque nationale d’Algérie (BNA). Un accord de protocole a été signé à cet effet, ce lundi 20 octobre entre cette institution et le Forum de chefs d’entreprises (FCE), a annoncé le patronat sur sa page Facebook.

Cet accord a été paraphé par Achour Aboud, P-DG de la BNA et Ali Haddad, président du FCE afin de « valoriser la femme et faciliter son implication dans la sphère économique ». S’exprimant lors de la rencontre organisée par le FCE sur l’entrepreneuriat féminin, M. Aboud a affirmé que cet accord permettra d’améliorer les délais d’étude des dossiers d’investissements ou d’attribution bancaires aux femmes d’affaires.

Il s’agit également, à travers du même accord, de « libérer les femmes d’affaires des contraintes administratives », a de son côté fait savoir M. Haddad. « Nous sommes là pour aider la femme entrepreneuse à développer ses affaires. La femme ne doit pas rester marginalisée. Le FCE oeuvre pour valoriser la femme et faciliter son implication dans la sphère économique », dit-il, relayé par l’APS.

Le président du patronat a par la suite assuré que cet accord sera prochainement généralisé aux autres banques.

Le Forum des chefs d’entreprise a aussi signé un autre accord de coopération avec le ministère de la Solidarité, de la famille et de la condition de la femme, afin de « renforcer l’entrepreneuriat féminin et … promouvoir les activités de loisirs pour les enfants dans les crèches ».

Les femmes de plus en plus entrepreneures

Une initiative soutenue par Ali Haddad, selon qui cet accord « marque l’intérêt » du FCE pour la cause féminine et sa volonté d’accompagner les femmes d’affaires, mettant ainsi l’accent sur les potentialités de l’entrepreneuriat féminin.

« Les femmes représentent le plus grand contingent de la population estudiantine. 70% des nouveaux diplômés sont de la gent féminine », a-t-il observé M. Haddad. « Nous comptons actuellement 136.000 femmes chefs d’entreprises. C’est insignifiant devant le potentiel existant », a-t-il considéré.

Le patron du FCE a affirmé que la « problématique » réside dans leur insertion dans le monde professionnel et de l’entrepreneuriat. Durant cette rencontre, les participants ont effectivement noté que les femmes étaient plus touchées par le chômage que les hommes (16% contre 9,9% chez les hommes) alors que la participation des femmes dans la création d’entreprises ne dépasse pas 13% contre 87% pour les hommes.

Selon le CNRC, le nombre de femmes entrepreneurs a augmenté de 18% sur les cinq dernières années. Une évolution qualifiée en mars 2016 de « timide » par cette institution, qui a néanmoins souligné que les femmes algériennes sont de plus en plus attirées par l’entrepreneuriat.