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Moov Services ou la misogynie faite startup

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Lancé en avril 2021 “Moov Services”, VTC imaginé par des femmes pour des femmes, avait été suspendu par la direction des transports de la wilaya de Blida.

Pour cause, Moov n’avait pas de permis pour exercer le transport par taxi. L’information de suspension avait été confirmée par la “startup” sur Facebook sans réagir au motif évoqué par les autorités compétentes.

Mais la « startup » fait à nouveau l’actualité pour des raisons bien plus délèteres…

Moov Service, une startup ?

Si la startup peut prendre diverses formes, le point commun des projets épousant cette appellation reste l’innovation. Moov propose un service de taxi avec chauffeur femme réservé exclusivement aux femmes. Une option qu’on retrouve chez Temtem depuis quelques années, et qui était également disponible chez Yassir. La question est de savoir donc où se cache l’innovation.

Sexisme, âgisme et insultes : au cœur du scandale  

Moov se retrouve cette semaine au cœur d’une polémique sur les réseaux sociaux pour des propos sexistes tenus par une membre du personnel. Une vidéo disponible jusqu’à hier sur leur page Facebook, et qui depuis a été supprimée, était le catalyseur du scandale. Heureusement, rien ne disparaît d’internet…

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Le VTC halalisé

Certains défendent Moov en comparant le “concept” à celui de “Pink Ladies” à Londres. La différence est pourtant simple : Pink Ladies met en avant l’aspect sécuritaire (contre les harcèlements sexuels et de rue entre autres) comme argument de vente. Les Algériennes subissent tout autant et pourtant Moov ne semble se soucier que de l’aspect VTC “halal”

Leila Zeroual, gérante de Moov, indique ainsi à Ennahar : “Dans une société conservatrice comme celle de Blida, la création de ce service VTC coulait de source.” . Avant d’enchainer : “Hormis les motifs sociétaux et religieux qui les empêchent de prendre un taxi régulier, Moov Services vient également régler le problème de transport”.

De sexisme intériorisé ? Vous pensez ? Mais ce n’est pas tout ! Les critères de recrutement qui sont certes propres à chaque entreprise sont pour le coup hors-la-loi chez Moov (il est interdit de discriminer sur la base du sexe ou de l’âge lors d’un recrutement dans la loi du travail en Algérie).

« C’est la loi de la nature »

En effet, si une femme de 25 à 35 ans (donc majeure aux yeux de la loi) souhaite être recrutée en tant que chauffeur chez Moov, elle doit d’abord recevoir l’approbation de son père, de ses frères et de son mari avant d’espérer décrocher le job.

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“C’est pour être sûrs que vous n’allez pas venir nous dire que votre père, vos frères ou vos maris ne vous ont pas laissé travailler après 2-3 jours”, explique Hayat ci dessus, qui ne connait visiblement pas le concept de CDD. 

La femme Algérienne est sous tutelle quel que soit son âge, et restera éternellement mineure aux yeux de certaines personnes à l’esprit étriqué. Preuve en commentaires…

Quant à la limite d’âge fixée à 35 ans, voici l’explication que donne l’admin (qu’on ne pourrait décemment qualifier de community manager). En plus d’insulter les gens en commentaires…

Depuis, Moov a supprimé les publications et a disparu des réseaux sociaux sans aucune explication. Un incident qui laisse les internautes débattre de la misogynie décomplexée qui régit encore notre société en 2021. 


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