L’UE renonce à imposer aux entreprises technologiques de scanner et de retirer le contenu CSAM

27 novembre 2025

Les États membres de l’Union européenne se sont mis d’accord sur une position concernant une législation relative à la protection des enfants en ligne qui n’oblige pas les grandes entreprises technologiques à identifier et à retirer les contenus d’abus sexuel sur les mineurs (CSAM). Cela est perçu comme une grande victoire pour les entreprises technologiques américaines telles que Google et Meta, selon des informations de Reuters.

Ce nouveau langage du Conseil européen contredit une position de 2023 selon laquelle le Parlement européen aurait exigé que les services de messagerie, les magasins d’applications et les Fournisseurs d’accès à Internet (FAI) signalent et retirent les CSAM et les cas de grooming. Le texte législatif proposé n’inclut pas tout cela.

Au lieu de cela, il charge les grandes entreprises technologiques d’évaluer le risque de leurs services et de prendre des mesures préventives jugées nécessaires. L’application de ces obligations est laissée aux gouvernements nationaux individuels et non à l’organe directeur de l’UE.

« Les États membres désigneront des autorités nationales … chargées d’évaluer ces évaluations des risques et les mesures d’atténuation, avec la possibilité d’obliger les fournisseurs à mettre en œuvre ces mesures d’atténuation », a écrit le Conseil européen dans un communiqué. « En cas de non-conformité, les fournisseurs pourraient être soumis à des paiements de pénalité. »

Il n’y a pas de dispositions ici concernant le balayage forcé des contenus chiffrés pour les CSAM, idée discutée aussi récemment que l’année dernière. Cependant, il existe certains éléments de langage qui suggèrent que les services de chiffrement doivent être protégés. Certains détracteurs, comme la République tchèque, estiment que l’idée du Conseil de permettre aux entités technologiques de s’autoréguler essentiellement le contenu pourrait en réalité nuire aux plateformes de chiffrement.

« C’est une grande déception pour tous ceux qui se soucient de la vie privée », a écrit dans un communiqué la politicienne tchèque Markéta Gregorová. « La présidence danoise a fait adopter une version de compromis de la proposition après de longues négociations, qui, bien qu’apparemment moins invasive, ouvre en réalité la voie à ce que nous avons longtemps averti contre : le balayage généralisé de nos conversations privées. »

La loi proposée crée toutefois quelque chose appelé le Centre de l’UE sur les abus sexuels des enfants. Cette organisation aurait pour mandat d’aider les pays à se conformer et à apporter une assistance aux victimes. Le Parlement européen a également récemment appelé l’UE à fixer des âges minimums pour que les enfants puissent accéder aux réseaux sociaux, mais il n’existe pas de texte de loi en cours d’élaboration.

Tout cela n’est pas encore acquis. Le Conseil doit désormais entamer des négociations avec le Parlement.

Nadia Kerroum

Nadia Kerroum

Rédactrice chez GeekyAlgeria, j’explore chaque jour l’impact de la technologie sur notre vie. Entre innovations locales, tendances mondiales et culture numérique, je raconte ce qui façonne le futur de manière simple, précise et accessible. Toujours curieuse, je cherche avant tout à partager une passion : comprendre la tech pour mieux la vivre.