Un organisme judiciaire américain a révisé un document interne pour supprimer des recherches climatiques. Le Manuel de référence sur les preuves scientifiques est un document utilisé par les juges lorsqu’ils doivent superviser des affaires impliquant des questions scientifiques complexes. Le chapitre sur le climat a désormais été supprimé, ils devront donc se débrouiller seuls pour les affaires liées au climat.
Cette démarche est intervenue après qu’un groupe d’avocats généraux républicains d’États a écrit une lettre pour se plaindre du chapitre sur le changement climatique. Le langage contenu dans le document, rédigé par des chercheurs de l’Université Columbia, suggère que le changement climatique est provoqué par les actions humaines. Cela a été inacceptable pour ces avocats d’État, malgré le fait que ce soit un fait établi.
« Rien n’est ‘indépendant’ ou ‘impartial’ dans l’émission d’un document au nom des juges américains déclarant que seule une vue privilégiée se situe ‘dans les limites de la connaissance scientifiquement fondée’ », déclare la lettre. Il faut noter que le document compte près de 2 000 pages et énonce des vues privilégiées sur de nombreux sujets, bien que les avocats d’État n’aient de problème qu’avec celle-ci.
Les républicains se sont également plaints que le rapport qualifiait le Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique d’« organisme scientifique faisant autorité ». Les raisons de cette plainte semblent provenir d’un court papier publié par un think tank conservateur canadien.
Les auteurs de la lettre n’accepteraient pas de révisions, selon un article d’Ars Technica. Au contraire, ils ont exigé que le chapitre entier soit supprimé. Il a donc été supprimé et les juges peuvent désormais statuer sur les affaires climatiques en utilisant la méthode éprouvée connue sous le nom de « vibes ».
Fait intéressant, l’introduction du document par la juge de la Cour suprême Elena Kagan mentionne toujours le chapitre sur le climat. Il vaudrait mieux sortir du ruban correcteur. Le texte intégral du chapitre désormais supprimé a été publié par RealClimate, si vous voulez y jeter un coup d’œil.
Plus de 99,9 pour cent des articles scientifiques évalués par les pairs s’accordent à dire que le changement climatique est réel et causé par l’activité humaine. Il semble que certains segments de la société veuillent un système judiciaire régi par ce 0,01 pour cent restant.